Commençons par notre propre témoignage. Nous republions ici un article de mars 2007, paru sur un ancien blog :
Deux procès ont eu lieu cette semaine : celui de Robert Faurisson d’abord, le lundi 12 mars 2007. Le professeur portait plainte contre l’ancien ministre de la
justice Robert Badinter qui l’avait qualifié de "faussaire de l’histoire" dans une émission télévisée. A la fin de la semaine, le vendredi 16 mars, se déroulait dans cette même salle d’audience
parisienne le procès de l’écrivain Alain Soral, qui lui était poursuivi par la Ligue des Droits de l’homme pour incitation à la haine raciale. En septembre 2004, en effet, Alain Soral avait tenu
des propos jugés "antisémites" lors d’un entretien dans le cadre d’un reportage télévisé. Il avait notamment déclaré à cette occasion, aux sujets des "juifs sionistes" :
"Ça fait quand même 2500 ans que chaque fois qu’ils mettent les pieds quelque part, ils se font dérouiller au bout de cinquante ans ─ parce qu’en gros, c’est à peu
près ça leur histoire. Il faut se dire : c’est bizarre, tout le monde a toujours tort sauf eux !" Et il poursuivait : Quand "avec un Français, juif sioniste, tu dis qu’il y a peut être des
problèmes qui viennent de chez eux, qu’ils ont peut-être fait quelques erreurs, que ce n’est pas systématiquement la faute de l’autre si personne ne peut les blairer, tu te rends compte que le
mec se met à aboyer, à hurler, à devenir dingue. C’est que tout le monde a toujours tort sauf eux. Tu ne peux pas dialoguer." Et Alain Soral en arrivait à cette constatation : "Il y a une
psychopathologie du judaïsme-sionisme qui confine à la maladie mentale."
Faurisson : pas d’un millimètre
La première fois que nous avons vu Robert Faurisson, c’était au mois de juillet 2006, toujours dans cette même XVIIe chambre correctionnelle. Il comparaissait alors
pour avoir accordé à un chaîne de télévision iranienne un entretien téléphonique au contenu révisionniste. Nous avions alors rapidement compris pourquoi l’homme avait un tel "fan club" autour de
lui et bénéficiait d’une telle aura médiatique. Son discours est parfaitement construit : les idées s’enchaînent méthodiquement, énoncées avec des phrases claires et un vocabulaire toujours très
précis. Faurisson réfléchit avant de parler, pèse chacun de ses mots et ne laisse rien au hasard. S’il dit quelque chose, c’est qu’il le pense réellement et qu’il a bien étudié la question. Il
est donc inutile de lui demander de confirmer ses propos ou encore de tenter de lui faire dire qu’il les regrette.
Le 3 octobre 2006, il était condamné à trois mois de prison avec sursis et 7500 euros d’amende, ce qui ne l’a pas empêché ce lundi, de réaffirmer une fois de plus
ses convictions, point par point, et sans rien céder au chantage judiciaire. Sachant pertinemment à quoi il s’exposait, il a de surcroît répété sa phrase de soixante mots supposée résumer sa
pensée. Face à lui, Badinter avait sollicité un certain nombre de "témoins", tous spécialistes de la lutte contre le "négationnisme" et accusant à qui mieux mieux le professeur d’être un
"faussaire de l’histoire", tant et si bien que la situation semblait s’être inversée et que le plaignant se retrouvait accusé. Il n’est pourtant nul besoin de bien connaître le professeur pour
comprendre que Robert Faurisson n’a à aucun moment été ébranlé par ces interventions multiples et interminables, et que le 2 avril prochain, il saura remettre tous ces "témoins" à leur place.
D’abord parce qu’il domine parfaitement son sujet et qu’il est intimement convaincu de la justesse de ses travaux, mais aussi, et peut-être surtout, parce qu’il a le courage et la force
intérieure d’en assumer la responsabilité devant l’histoire.
Alain Soral : antisioniste, pas antisémite
Alain Soral s’est défendu d’une toute autre manière. Il a d’abord expliqué qu’il avait été piégé, qu’il était tombé dans un "traquenard". Les journalistes
l’auraient "harcelé pendant deux heures" pour le "faire sortir de ses gonds". De fait, sur deux heures trente d’un entretien préalable à l’enregistrement, le journaliste aurait perfidement
sélectionné les 40 secondes qui assureraient sa "mort médiatique".
Pour justifier ses propos, Alain Soral explique d’abord qu’il n’a cessé dans ses livres de combattre les tentations communautaristes qui mettent en danger l’unité
républicaine. Il se déclare donc "inquiet de la montée des tensions communautaires", et, en l’occurrence, "inquiet du climat créé par le communautarisme juif", comme il le répétera plusieurs fois
par la suite. Les récentes déclarations de l’ancien ministre Raymond Barre sur l’existence du "lobby juif", ou encore celles du socialiste Julien Dray sur le "lobby sioniste" ont été bienvenues.
Soral a cependant préféré ne pas citer le mot de quatre lettre, préférant user du terme de "sioniste", plus à même de rattacher son discours à celui de la gauche pro-palestinienne. La situation
actuelle dans l’État d’Israël justifiait son engagement : s’il était juste de s’apitoyer sur les "persécutés de Varsovie", il fallait aussi, dit-il, penser aux "persécutés de Ramallah". Il cite
alors les cas d’Alain Ménargue, écarté de la direction de radio France internationale en 2005 à cause de son engagement contre la politique israélienne, ainsi que celui du sociologue séfarade
Edgar Morin, qui a lui aussi été récemment traîné devant la justice ─ et finalement relaxé ─, pour des propos très critiques à l’égard de l’État hébreu.
Soral se défend naturellement d’être antisémite, et affirme ne dénoncer que les seuls juifs sionistes, défenseurs inconditionnels de l’État hébreu. A plusieurs
reprises au cours de l’après-midi, il a donc affirmé que les juifs sionistes français ne représentaient pas les juifs dans leur ensemble et que seul le "lobby sioniste" était en cause. D’un autre
côté, il a aussi affirmé plusieurs fois qu’il n’y avait "pas de communauté juive, mais des citoyens", que la communauté juive "n’existait pas" : il n’y a "pas de communauté juive, mais des
Français de confession juive". Mais quand on sait l’existence de ces centaines d’associations qui structurent la communauté juive sur tout notre territoire, de pareils propos peuvent paraître un
peu cocasses. Il est vrai que certains juifs prétendent eux-mêmes qu’il n’y a "pas de communauté juive", ainsi que nous l’avons entendu par exemple sur RMC au mois de janvier 2007. Ce sont les
mêmes qui prétendent qu’il n’y a pas de "vote juif", ni de "solidarité juive". Tout cela, on l’a compris, est un mythe, un mensonge odieux de la propagande antisémite. Soral a néanmoins
poursuivit dans cette direction en affirmant par la suite qu’aux États-Unis, "les plus sionistes néo-conservateurs sont protestants". A ce niveau-là, cela relève de la
prestidigitation.
Alain Soral s’est aussi plaint à de nombreuses reprises des conséquences de son engagement politique. A la suite de cette affaire, en effet, il a "perdu son travail
de pigiste dans la presse". Mais ce n’est pas le plus grave. Déjà avant cet entretien, il avait été menacé de mort sur le forum d’un site internet pro-israélien. Des croix gammées avaient ensuite
été "bombées dans le hall de son immeuble" et lui-même avait été, quelques jours plus tard, la cible d’une agression d’un commando sioniste de "trente-cinq membres" lors d’une séance de dédicaces
dans une librairie du troisième arrondissement. A cette occasion, la vitrine avait été brisée, et sept blessés légers avaient été à déplorer. Soral rappelle aussi que l’ancien président de
Médecins sans frontières, Rony Brauman, ainsi que José Bové, ont eux-mêmes été agressés par des militants sionistes du fait de leur engagement pro-palestinien. Plus récemment, l’écrivain a une
nouvelle fois été agressé au pied de son immeuble par des individus qui lui ont jeté de "l’acide au visage" ─ agression heureusement sans conséquence.
J’ai beaucoup d’amis juifs !
Tout ce "lamento" n’a certes pas ému l’avocat de la Ligue des Droits de l’homme, ni Richard Abitbol, VRP multicarte de la communauté et qui s’était constitué partie
civile. Celui-ci assura que "les Français de confession juive" se sentaient "atteints dans leur identité, dans leur passé, dans leur souffrance." Un peu plus tard, au cours des plaidoiries,
Richard Abitbol déclarait encore que les juifs avaient été "atteints dans leur condition humaine pour la seule et unique raison qu’ils étaient juifs", que les propos de Soral étaient "immondes"
et "dangereux". A écouter Soral, "les juifs seraient responsables de leurs malheurs" (ce qui est impossible, comme chacun sait, puisque "les juifs" sont par nature innocents). Soral se faisait
donc le porte-parole d’une "culture de la haine" qui permettait "de transmettre comme vérité ce qui n’est qu’imposture". Sa "propagande nauséabonde" était en tout cas "insupportable à tout
Français humaniste". Ses propos "inacceptables" avaient, à une autre époque, contribué à "envoyer en fumée des hommes, des femmes et des enfants". Pour finir, dit-il, les paroles d’Alain Soral
étaient "plus graves que ceux des négationnistes parce qu’ils ne niaient pas les crimes mais les justifiaient".
Face à de pareilles accusations, qui étaient d’ailleurs prévisibles dès le départ, Alain Soral avait adopté une stratégie "défensive", pour ne pas dire autre chose.
Il se présenta donc comme un homme de gauche, muni de solides garanties républicaines, reconnaissant pour maîtres-à-penser des philosophes juifs tels que "Karl Marx, Goldman, ou Politzer". Soral
a aussi rappelé qu’il avait longtemps travaillé au parti communiste sous la direction de Pierre Zarka, en collaboration avec d’autres juifs tout aussi sympathiques. Il a même dédié l’un de ses
livres au penseur marxiste Lucien Goldman, et fait "l’éloge du génie juif" dans le chapitre d’un autre de ses ouvrages. Mieux encore ─ et c’est une suprême bénédiction ─, il possède aussi un
"livre dédicacé de William Goldnadel, qui est un ami", assure-t-il. Par conséquent, Alain Soral déclare être un "philosémite malgré lui" : "On a fait de moi un antisémite, et je trouve que c’est
dégueulasse". Il en rajoute alors une louche en vitupérant contre le "fascisme", au moins dans sa version sioniste, en la personne de Jabotinski, qui était, dit-il, un "fasciste revendiqué", un
"fasciste notoire". Ayant exprimé à diverses reprises son engagement "de gauche", on aurait finalement pu oublier qu’Alain Soral était aujourd’hui un proche de Marine Le Pen, et Richard Abitbol
s’est fait ici un plaisir de le lui rappeler.
Des Français d’exception
La situation était là aussi inversée, si l’on peut dire, puisqu’en la circonstance, c’était le goy qui tenait un discours louvoyant, retors, insaisissable, tandis
que Richard Abitbol apparaissait dans toute son authenticité et avait dès lors beau jeu de souligner les contradictions du discours soi-disant "antisioniste" de son adversaire. Il est en effet
parfaitement évident que les propos de Soral relèvent bien davantage de "l’antisémitisme" que de l’antisionisme pro-palestinien, en dépit de l’emploi fallacieux et systématique du terme
"sioniste" en lieu et place du terme "juif", et les juifs ont parfaitement raison de le souligner. Ne le cachons pas : au regard de ces contorsions intellectuelles auxquelles Soral s’est livré,
ce Richard Abitbol nous a semblé soudainement sympathique, pour la simple et bonne raison qu’il représentait ici la droiture (au moins au regard de ses propres normes), mais aussi parce que son
discours était tellement caricatural qu’il n’aurait guère été difficile de le remettre à sa place dès lors que l’on se décide à passer à l’offensive au lieu de se tortiller comme un ver : Oui, il
y a un lobby juif en France ; oui, les juifs sont très largement responsables de leurs propres malheurs dans l’histoire ; oui, les doctrinaires juifs, les fonctionnaires juifs, les tortionnaires
juifs sont les premiers responsables de la tragédie bolchevique et des trente millions de morts qui l’accompagnent ; oui, les commerçants juifs ont joué un rôle accablant dans la traite négrière
; oui, les intellectuels juifs ont une responsabilité écrasante dans l’immigration qui a défiguré notre pays ; oui, des juifs influents ont poussé les occidentaux à la guerre contre l’Allemagne
dès 1933, contre la Serbie en 1999, contre l’Afghanistan et l’Irak en 1991, 2001 et 2003 et poussent à la guerre contre l’Iran aujourd’hui ; et pour finir : oui, il y a une "psychopathologie" du
judaïsme, une névrose spécifiquement juive, comme de nombreux intellectuels juifs le reconnaissent eux-mêmes, et ainsi que je l’ai moi-même démontré à travers mes propres ouvrages. Je ne livrerai
pas ici le fond de ma pensée et me contenterai d’affirmer que l’origine du peuple juif n’est ni de nature ethnique ni de nature religieuse.
Soral est au courant de tout cela, mais il faut croire que contrairement au professeur Faurisson, il n’a pas voulu risquer un choc frontal avec son adversaire. Dans
pareilles circonstances ─ et nous espérons que cette journée servira de leçon à tous ceux qui pourront à l’avenir avoir des démêlés avec la "communauté qui n’existe pas" ─, le fait est que si ce
n’est pas vous qui accusez "le lobby", alors c’est lui qui vous écrase sous son talon. Gougenot et Drumont l’avaient parfaitement compris en leur temps, et nous sommes heureux de constater qu’il
y a à notre époque des individus tel que le professeur Faurisson qui s’inscrivent dans la lignée de ces Français d’exception. Avec lui, le moins que l’on puisse dire, est que le "lobby" est tombé
sur un os. L’école révisionniste est aujourd’hui suffisamment forte pour assurer sa pérennité. Elle semble maintenant indestructible. On peut même avancer qu’après la conférence de Téhéran, sa
victoire est d’ores et déjà acquise pour l’avenir. Aucun doute là-dessus : Robert Faurisson est l’un des quelques très rares noms français de notre époque qui resteront dans trois cents ans, que
cela plaise ou que cela ne plaise pas.
Psychopathologie du judaïsme
Mais nous pensons aussi que la compréhension de notre époque ne peut se concevoir sans une vision d’ensemble et une bonne connaissance de la mentalité si étrange et
si particulière du "peuple élu", qui, on le sait, a toujours tendance à insulter, à salir et calomnier ses adversaires à travers tous les médiats qu’il possède, quand ce n’est pas une légère
tendance à la fabulation. Richard Abitbol a sans doute raison de prétendre que certains propos "antisémites" sont encore plus "dangereux" que le révisionnisme historique, qui ne concerne que la
seule Seconde Guerre mondiale. A ceci près que les idées ne sont rien sans les hommes qui les portent.
Nous maintenons fermement pour notre part qu’il y a bel et bien une "psychopathologie du judaïsme". Hélas, Soral ne maîtrise évidemment pas ce sujet. Mais quand
bien même il l’aurait maîtrisé, nous doutons dorénavant de sa capacité à assumer publiquement ce type de propos.
Au Moyen Age, c’est-à-dire à une époque où la pensée était un peu plus libre qu’aujourd’hui, étaient organisées des grandes controverses, au cours desquelles les
lettrés du temps, hommes d’Église et rabbins, pouvaient confronter leurs idées. Nous sommes bien évidemment nous-mêmes ouverts très cordialement à toute discussion publique ou privée avec nos
contradicteurs, et pour tout vous dire, c’est ce que nous souhaitons aujourd’hui le plus ardemment. Il nous semble en effet parfois pouvoir tenir tête à douze rabbins des plus tortueux. Le
malheur de notre époque est que ces discussions ne paraissent plus possibles que dans l’enceinte des tribunaux. Si cela devait arriver un jour, il faudra alors espérer que les avocats de la
communauté juive et le public communautaire aient les nerfs assez solides pour pouvoir supporter ce que nous avons à leur dire. Ce sera alors, n’en doutons pas, un "grand émoi dans la
communauté".
Hervé RYSSEN